Victor est mort dans la nuit précédant notre départ du Liban.
Son état de santé s’est dégradé tellement rapidement durant les dernières semaines.
Il est parti discrètement, avec délicatesse.
Victor, c’était la générosité et la discrétion.
En moins d’une année, il nous a fait visiter le superbe site de Baalbek, les grottes de Jeita, Tyr et Qana en fleurs. Il nous a beaucoup gâtées, par ces visites et par les multiples douceurs libanaises achetées en route. C’était toujours des moments paisibles, comme avec un grand-père, disponible et heureux de nous faire plaisir. C’est aussi lui qui, avec Charbel, m’a offert le téléphone portable arabe que j’ai fièrement rapporté en France.
Cette dernière année et cette rencontre avec « les Françaises » ont été pour lui un moment agréable, dans une vie loin d’être toujours rose. De vrais sourires en témoignent sur les photos de nos escapades.
C’est étrange et déstabilisant de finir ainsi cette année et d’être restée une journée de plus au Liban pour vivre ce triste événement.
Je suis partie, ce 3 août, avec plein de sentiments et d’images contradictoires en tête : le départ précipité de Victor, toutes les balades faites avec lui, le bouleversement de Chahira et tout ce qu’elle m’a confié chez Victor le matin-même, le dernier thé partagé avec Ali dans la cuisine de Chir Bay, les difficultés de cette année, la joie de revoir famille et amis en France, les interrogations sur le retour et sur l’année prochaine, la tristesse de laisser les amis avec qui je ne vais plus partager le quotidien, les bons souvenirs libanais, les rigolades avec Makeda, l’espoir de revenir en avril prochain, l’excitation de prendre l’avion et de survoler la baie de Jieh pour un dernier aperçu…
Une fois en France, j’ai eu l’impression que la mort de Victor n’était qu’un mauvais rêve. « Pense qu’il est toujours vivant » me dit Chahira au téléphone quelques jours après l’enterrement. Il paraît que l’église était pleine de monde et pleine de fleurs « comme pour un mariage », pour rendre hommage à ce « roi de Jieh ».
Je pars avec la DCC, première association française d'envoi de
Volontaires de Solidarité Internationale.
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